Sokhar renacla plus d’une fois, la présence trop proche de Furio rendait le Sang-Froid relativement nerveux. D’ahbitude calme et sûr de sa propre force l’imposant reptile dominait la ménagerie mais dès que la monture d’Aimeu revenait prendre sa place dans l’abri la hiérarchie reprenait ses droits.
Plus d’une fois en observant les animaux Avarta eut l’impression de se voir, Sokhar était bien plus qu’une simple monture, elle avait attendu longtemps de le trouver, de découvrir un Sang-Froid digne d’elle et de son caractère. Lorsqu’elle était sereine, il l’était aussi et dès que lui devenait nerveux la Disciple de Khaine savait qu’elle devait se tenir sur ses gardes. Passant devant le box de Sokhar, elle regarda le nain chargé de s’en occupé, une pauvre loque difforme et sobre à la barbe puante et emmelée.
- Maîtresse, Sokhar est près pour vous.
- Qui d’autre est sorti?
- Personne d’autre Maîtresse, personne ne sait que vous voulez partir seule cette nuit.
- Si, une personne le sait.
D’un signe de la tête Avarta ordonna à Sokhar de la débarasser du nain, ce qu’il fit promptement en lui arrachant la tête. Il n’était pas inhabituel qu’un nain soit retrouvé décapité, dans l’Ost il était de coutume de les sacrifier par pûr plaisir. Aimeu la première y prenait un malin plaisir et poussait ses gens à se défouler. Laissant le Sang-Froid finir son repas Avarta monta en selle et le lança à toute allure sur le sentier de terre.
- Elle est partie?
- Oui Maîtresse, dès l’aube.
- Bien, suis-la et ne te fais pas repérer.
- Bien Maîtresse.
Tournant les talons, l’ombre sembla disparaitre. C’est ce qu’aurait cru une personne normale mais il fallait longtemps avant qu’Aimeu ne perde sa disciple du regard.
- Allez Sokhar, donne ce que tu as, je n’ai pas le temps de m’attarder. Si Thriewyn s’aperçoit de mon absence il risque de me le faire payer.
Le Sang-Froid tourna doucement la tête vers sa maîtresse, ses yeux traduisant son étonnement.
- Oh oui ça vas, je sais, ce n’est qu’un mâle mais pour le moment il a bien plus d’atout dans sa manche que moi. Et la sorcière qui le suit comme un toutou me garde à l’oeil. Je ne peux rien tenter pour le moment.
Sokhar tourna la tête et poussa la charge, confiant en sa cavalière. Celle-ci se permit même de fermer les yeux un instant et d’adresser une prière à Khaine.
“Oh puissant dieu, aiguise mon âme et guide ma lame pour que ta gloire soit sanctifiée sur toutes les terres de ce monde.”
La lumière du soleil naissant ramena Avarta loin de ses pensées.
- On approche Sokhar, je vais devoir continuer à pied, tu es trop voyant.
Vexé le Sang-Froid renacla une dernière fois puis quitta le chemin qu’ils suivaient depuis des heures et alla se perdre dans les bois denses.
- Bien, reste ici, je reviendrai avant que le soleil ne soit à son zénith.
Le reptile se coucha au sol, reduisant ainsi la surface visible, tendant les naseaux dans l’air pour ûmer d’éventuels poursuivant. Il sembla éternuer une fois et Avarta se tourna vers lui.
- Oui je sais, mais ne t’inquiètes pas, elle ne sera pas un problème.
Avarta laissa sa monture et poussa les fourées devant elle pendant quelques minutes avant de tomber sur une construction naine abandonnée depuis longtemps.
Un clic distinctif se fit entendre sur sa gauche, la disciple avait prévu d’être surprise, elle était venue dans cet objectif. Les gens de l’Ordre sont tellement prévisible.
- Dépose tes armes !
- Quand tu abandonneras les tiennes.
L’humain la regarda un instant, ne sachant que faire tandis qu’une main blanche vint se poser sur son épaule.
- Laisse la, que veux-tu qu’elle fasse seule?
- Oui mais si elle nous ment, nous sommes trop à découvert ici.
- Les bois sont surveillés et nous sommes plus proche de nos frontières que des siennes.
L’elfe qui venait de lui épargner la nécessité de prouver sa force se tint devant elle.
- Tu dois être Avarta. Nous t’attendons depuis quelques heures.
- Il n’est pas facile de s’éclipser et de s’assurer que je ne suis pas suivie.
- Si tu le dis.
- Assez bavardé, je n’ai pas le temps de m’éterniser ici, si mon absence est découverte je risque des problèmes. Avez-vous l’arme que vous dites avoir en votre possession?
- Oui, nous avons ce nouveau poison.
- Est-il aussi puissant que vous voulez bien le faire croire?
- Tu doutes de nous? Bien…
L’elfe claqua des doigts et deux nains amenère une Disciple de Khaine, trop jeune et faible pour connaitre Avarta. De toute façon vu la lividité de son regard il était plus que probable qu’elle mourrait dans les minutes à venir.
- Quand lui avez-vous donné ce poison?
- Il y a deux jours.
- C’est bien trop lent, il faut que ça agisse très vite.
- Oh mais ça agit vite, le poison ne se déclenche que lorsque le coeur est fort demandé. Imagines donc ta victime courir sur le champ de bataille et mourir dans son élan deux jours après que tu lui aies administré le poison. Mais prends garde, le poison disparait du corps au troisième jour, tu n’aura qu’une chance de l’amener à se battre pour que cela fasse effet.
- Donnez-moi la seconde dose.
- Pourquoi une seconde dose? La récompense que nous t’offrons ne vaut-elle pas la peine qui tu vas te donner?
- J’ai quelques ambitions personnelles que je dois mener à terme, ne cherches pas à savoir pourquoi je fais ce que je fais, haut elfe, et ne doutes pas que ta tête tombera si je te croise sur un champ de bataille.
La nervosité commencait à se faire sentir; il était temps que la transaction se termine. Avarta regarda chaque ennemi dans les yeux puis leur tourna le dos, signe clair qu’elle ne les craignait pas malgré leur normbre et leur armement. S’enfoncant dans les bois elleregarda discrètement autour d’elle, la protégée d’Aimeu devait être dans les environs, elle ne manquerait pas de rapporter à sa Maîtresse ce qu’elle avait vu et entendu et cela fit sourire Avarta. Cette gourde allait la servir et l’aider dans sa tâche.
Sokhar l’attendait sagement à sa place, et renifla bruyemment lorsqu’elle approcha de lui.
- Oui je sais, elle est toujours là, fais comme si elle n’existait pas.
Enfourchant sa monture Avarta tira les brides pour lui faire effetcuer un demi-tour et se lancer sur le chemin du retour.
Les jours à venir promettaient d’être “amusants”.